Mal d'altitude : s'acclimater en sécurité et savoir quand redescendre
Le mal d'altitude peut vite devenir dangereux. Apprenez à reconnaître le MAM, l'HACE et l'HAPE, à vous acclimater, à limiter l'ascension et à savoir quand redescendre.
Réponse rapide
Le mal d’altitude survient lorsque vous prenez de l’altitude plus vite que votre organisme ne peut s’acclimater à la baisse de la pression en oxygène. Le mal aigu des montagnes (MAM) provoque généralement des maux de tête accompagnés de nausées, de vertiges ou d’une fatigue inhabituelle après une ascension. Cessez de monter si des symptômes apparaissent. Redescendez et demandez une aide médicale urgente en cas de confusion, de perte de coordination, d’essoufflement au repos, de chute rapide des performances ou d’aggravation de la toux : ces signes peuvent révéler un œdème cérébral de haute altitude (HACE) ou un œdème pulmonaire de haute altitude (HAPE).
La prévention la plus fiable repose sur un itinéraire prudent défini selon l’altitude de couchage, et non selon la condition physique ou la volonté. Au-dessus de 3 000 m (9 800 ft), la Wilderness Medical Society recommande de limiter le gain d’altitude de couchage à environ 500 m (1 650 ft) par jour au maximum et d’ajouter une journée de repos tous les trois à quatre jours. Les médicaments peuvent réduire le risque chez certains voyageurs, mais ils ne rendent pas une ascension agressive sûre et doivent être planifiés avec un professionnel de santé.
Points clés
- La baisse de la pression en oxygène déclenche le mal d’altitude lorsque l’ascension dépasse la capacité d’acclimatation.
- L’altitude de couchage détermine le risque plus directement que le point culminant atteint pendant une randonnée à la journée.
- Le mal aigu des montagnes impose de la retenue : ne gagnez pas une altitude de couchage supérieure tant que les symptômes persistent.
- L’ataxie ou une altération de la pensée évoque un HACE, une urgence vitale qui exige une descente et des soins médicaux.
- Un essoufflement au repos ou disproportionné par rapport à l’effort évoque un HAPE, une autre urgence dans laquelle l’oxygène et la descente sont prioritaires.
Qu’est-ce que le mal d’altitude ?
L’air contient toujours environ 21 % d’oxygène en altitude, mais la pression barométrique diminue à mesure que l’on monte. Chaque inspiration apporte donc moins de molécules d’oxygène aux poumons. Vers 3 050 m (10 000 ft), la pression inspirée en oxygène représente environ 69 % de sa valeur au niveau de la mer, et la saturation artérielle en oxygène baisse couramment même chez les voyageurs en bonne santé (CDC Yellow Book, 2026).
L’organisme réagit en quelques minutes en accélérant la respiration et le rythme cardiaque. Au cours des trois à cinq jours suivants, la ventilation augmente encore, l’oxygénation s’améliore, l’équilibre hydrique évolue et le débit sanguin cérébral s’adapte. La production de globules rouges compte lors d’une exposition prolongée, mais elle n’est pas la raison principale pour laquelle on se sent mieux pendant les premiers jours.
Le mal d’altitude devient une préoccupation concrète pour les personnes non acclimatées vers 2 500 m (8 200 ft), même si les voyageurs sensibles peuvent le développer plus bas. Il n’existe pas d’altitude sûre unique pour tout le monde. Le risque dépend de l’altitude à laquelle vous dormez, de la vitesse d’arrivée, de vos antécédents en altitude, de votre sensibilité individuelle, de l’effort fourni et de la possibilité de récupérer prévue par l’itinéraire.
Cela diffère du simple fait de se sentir plus lent dans une montée. La performance maximale diminue en altitude même après une acclimatation réussie. Un coureur entraîné peut ressentir un effort plus intense à une allure habituelle sans être malade ; une personne atteinte de MAM se sent mal et présente des symptômes qui affectent son fonctionnement. Cette distinction est importante, car vouloir « passer en force » malgré la maladie peut la laisser progresser.
Les trois maladies aiguës liées à l’altitude
Le mal d’altitude n’est pas une affection uniforme. Les trois principaux syndromes ont l’hypoxie comme facteur déclenchant commun, mais ils exigent des degrés d’urgence différents.
| Syndrome | Tableau typique | Décision sur le terrain |
|---|---|---|
| Mal aigu des montagnes (MAM) | Maux de tête accompagnés de nausées, de vertiges ou de fatigue après une ascension récente | Arrêter l’ascension ; surveiller attentivement ; redescendre en cas d’aggravation ou d’absence d’amélioration |
| Œdème cérébral de haute altitude (HACE) | Perte de coordination, confusion, comportement inhabituel, profonde lassitude ou baisse de conscience | Urgence médicale : redescendre, appeler les secours, administrer de l’oxygène s’il est disponible |
| Œdème pulmonaire de haute altitude (HAPE) | Essoufflement disproportionné, chute rapide des performances, toux, congestion thoracique, puis essoufflement au repos | Urgence médicale : oxygène et descente ; ne pas laisser la personne seule |
Mal aigu des montagnes : le stade d’alerte
Le consensus de Lake Louise de 2018 définit, pour la recherche, le MAM par des maux de tête accompagnés d’au moins un autre symptôme — troubles gastro-intestinaux, fatigue ou faiblesse, ou vertiges — après un gain d’altitude. Les troubles du sommeil ont été retirés du score, car l’hypoxie elle-même peut perturber le sommeil sans signaler un MAM (Roach et al., 2018).
Sur le terrain, l’état fonctionnel est plus utile que la recherche d’un score. Une personne qui se sent malade ou doit réduire son activité normale quelques heures à trois jours après être montée au-dessus d’environ 2 500 m (8 200 ft) souffre probablement d’un MAM si aucune autre cause n’est plus vraisemblable. Des symptômes légers peuvent rester stables et disparaître avec du temps passé à la même altitude. Continuer à monter alors que les symptômes persistent est le choix dangereux.
HACE : quand le mal d’altitude touche le cerveau
Le HACE est une encéphalopathie. L’ataxie — une démarche instable et mal coordonnée — en est souvent le premier signe objectif. Confusion, irritabilité inhabituelle, apathie, somnolence, hallucinations ou incapacité à prendre soin de soi peuvent suivre. Une simple marche talon contre pointe peut révéler une perte de coordination, mais elle ne doit pas servir de prétexte pour retarder l’évacuation.
Une personne chez qui l’on suspecte un HACE peut ne pas avoir conscience de son état et affirmer qu’elle va bien. Considérez tout comportement altéré en altitude comme un problème de sécurité pour le groupe, et non comme un sujet de débat. Les recommandations 2024 de la Wilderness Medical Society préconisent la descente en cas de suspicion de HACE en milieu isolé, ainsi que de l’oxygène et de la dexaméthasone lorsqu’ils sont disponibles dans le cadre d’un plan médical adapté.
HAPE : quand le mal d’altitude touche les poumons
Le HAPE commence souvent par un essoufflement à l’effort bien plus important que prévu pour l’altitude ou par rapport aux compagnons. Une chute soudaine de l’allure de marche, une faiblesse inhabituelle, une toux sèche ou une sensation de gargouillement dans la poitrine peuvent précéder l’essoufflement au repos. Des lèvres ou une peau bleutées et des expectorations roses et mousseuses sont des signes tardifs ; les attendre n’est pas prudent.
Un HAPE peut survenir avec ou sans MAM manifeste. Un oxymètre de pouls peut montrer une hypoxémie disproportionnée par rapport à l’altitude, mais les symptômes et l’état fonctionnel doivent guider l’action. Les recommandations de la WMS désignent la descente comme le meilleur traitement ; l’apport d’oxygène est essentiel lorsqu’il est disponible. Les petites bombes d’oxygène de loisir en contiennent trop peu pour un traitement prolongé et ne doivent pas retarder l’évacuation.
Comment l’acclimatation réduit le risque
L’acclimatation associe exposition et temps. L’objectif immédiat n’est pas de produire des globules rouges supplémentaires en une nuit. Il s’agit de permettre à la ventilation, à l’équilibre acido-basique, au transport de l’oxygène, au sommeil et à la tolérance à l’effort de s’adapter avant d’ajouter une nouvelle charge hypoxique.
L’altitude de couchage compte parce que l’hypoxémie est généralement maximale pendant le sommeil. Monter plus haut pendant la journée puis revenir dormir plus bas crée un stress prolongé moindre que de déplacer le campement au point culminant de la journée. C’est la physiologie utile derrière le principe « monter haut, dormir bas », même si ce slogan ne justifie pas des gains diurnes extrêmes et ne remplace pas un plan prudent.
Si cette altitude de couchage se situe sous une tente, traitez séparément les dangers de l’emplacement et l’isolation : notre guide du camping en tente en montagne explique comment évaluer le terrain, la météo, l’exposition à la foudre et l’ensemble du système de couchage.
Une étape intermédiaire peut aider. Dans une étude randomisée, deux jours à altitude modérée avant une exposition rapide à 4 300 m (14 100 ft) ont réduit le MAM par rapport à une ascension directe, même si la protection variait selon l’altitude de l’étape (Beidleman et al., 2019). Ce résultat soutient l’intérêt de nuits intermédiaires ; il n’établit pas une formule universelle d’acclimatation par étapes.
Un plan pratique fondé sur l’altitude de couchage
Faites de l’itinéraire votre principal outil de prévention :
- Évitez si possible un grand saut dès la première nuit. Le CDC indique que passer deux ou trois nuits autour de 2 450 à 2 750 m (8 000 à 9 000 ft) avant de monter davantage offre une protection marquée.
- Au-dessus de 3 000 m (9 800 ft), limitez le gain quotidien de l’altitude de couchage. Maintenez-le à environ 500 m (1 650 ft) ou moins par jour.
- Ajoutez une journée de repos tous les trois à quatre jours. Ajoutez-en également une avant ou après un gain important et inévitable de l’altitude de couchage.
- Ne montez pas si vous avez des symptômes. En cas de MAM léger et stable, restez à la même altitude de couchage et surveillez attentivement l’évolution.
- Redescendez si l’état de la personne se dégrade. Un MAM sévère, tout signe de HACE ou une suspicion de HAPE impose une altitude inférieure et des soins urgents.
Il s’agit de limites maximales, pas d’objectifs. Une personne ayant déjà subi un MAM sévère, un HACE ou un HAPE peut avoir besoin d’un plan plus lent et de l’avis d’un spécialiste. Le terrain, la météo, la vitesse du groupe, l’accès aux secours et l’itinéraire de descente sûr le plus bas doivent être intégrés au parcours avant le départ.
Si votre voyage comporte une course très pentue ou de longues montées, le guide d’entraînement à la course verticale peut vous aider à préparer vos muscles et votre gestion de l’allure. Il ne peut pas vous acclimater à une altitude de couchage à laquelle vous n’avez jamais été exposé.
Les sportifs d’hiver sont confrontés à la même physiologie : notre guide des disciplines du ski alpin explique comment la vitesse, l’exigence technique, la fatigue et le contexte d’altitude diffèrent du slalom à la descente.
Qui risque le plus de souffrir du mal d’altitude ?
Les principaux facteurs prédictifs en pratique sont :
- une augmentation rapide de l’altitude de couchage ;
- une première nuit à haute altitude ;
- un antécédent de MAM, de HACE ou de HAPE avec un profil d’ascension similaire ;
- un temps d’acclimatation limité ;
- un effort intense peu après l’arrivée ;
- un itinéraire qui rend la descente difficile.
La condition physique ne prévient pas le mal d’altitude. La capacité aérobie peut faciliter l’activité, mais une VO2 max élevée ne supprime pas l’exposition hypoxique. Une bonne forme physique peut même inciter à adopter une allure agressive qui masque la fatigue initiale jusqu’à ce que les symptômes deviennent plus difficiles à ignorer.
Pour un objectif de performance, planifiez l’exposition séparément : notre guide de l’entraînement en altitude pour les coureurs distingue la dose du stage, la vérification du statut en fer, l’ajustement de l’allure et le calendrier du retour. Ces choix ne modifient ni les règles d’acclimatation ni les signes imposant l’arrêt ou la descente.
Un voyage antérieur sans problème n’est rassurant que si l’altitude et la vitesse d’ascension étaient similaires. Un itinéraire plus rapide ou une altitude de couchage plus élevée modifie le risque. À l’inverse, un MAM antérieur ne garantit pas que la maladie se reproduira à chaque voyage si la prochaine ascension est plus lente.
Demandez un avis médical avant le voyage lorsque le risque n’est pas ordinaire
Consultez un professionnel de santé expérimenté en médecine d’altitude ou des voyages avant une ascension rapide, un itinéraire isolé ou un voyage en présence d’une maladie cardiaque, pulmonaire, sanguine ou neurologique importante, d’une grossesse ou d’un trouble du sommeil. Le CDC cite notamment l’hypertension pulmonaire sévère, l’angor instable, l’insuffisance cardiaque décompensée, une maladie pulmonaire sévère mal contrôlée ainsi qu’un infarctus ou un accident vasculaire cérébral récent parmi les situations pouvant contre-indiquer un séjour en haute altitude.
Les troubles respiratoires du sommeil nécessitent une préparation, car le taux d’oxygène baisse souvent davantage pendant la nuit. Notre guide sur l’apnée du sommeil explique l’importance de l’hypoxémie nocturne, mais les décisions concernant la PPC, l’oxygène ou l’acétazolamide en altitude doivent être prises avec un professionnel de santé qui connaît votre état et votre itinéraire.
Médicaments : un outil utile, pas une autorisation d’aller trop vite
Le choix d’un médicament est une décision médicale individuelle. Une maladie rénale, une grossesse, des allergies, des interactions médicamenteuses, un HAPE antérieur et le profil d’ascension peuvent modifier ce qui convient. N’empruntez pas de médicaments, ne commencez pas un traitement sur ordonnance en pleine urgence sans plan préalable et n’utilisez pas cet article comme consigne de dosage.
Acétazolamide
L’acétazolamide accélère l’acclimatation ventilatoire et réduit l’incidence ainsi que la gravité du MAM. La WMS recommande d’envisager son utilisation chez les voyageurs présentant un risque modéré ou élevé, tout en maintenant l’ascension progressive comme première priorité. Des essais soutiennent la prophylaxie à faible dose, et un essai de phase III mené en 2025 a également montré l’efficacité de l’acétazolamide à libération prolongée en prévention (Lipman et al., 2025).
Les effets fréquents comprennent des picotements, une augmentation des mictions et une altération du goût des boissons gazeuses. Selon les recommandations de la WMS, un antécédent d’anaphylaxie à un sulfamide ou de syndrome de Stevens-Johnson constitue une contre-indication. Un professionnel de santé doit déterminer si un essai supervisé avant un voyage isolé est approprié.
Dexaméthasone et médicaments spécifiques au HAPE
La dexaméthasone peut prévenir ou améliorer rapidement les symptômes du MAM ou du HACE, mais elle ne crée pas d’acclimatation ; les symptômes peuvent réapparaître à son arrêt en altitude. Elle est généralement réservée à des plans précis à haut risque ou d’urgence et s’emploie en complément de la descente en cas de maladie grave.
La nifédipine est surtout envisagée chez les personnes connues pour leur prédisposition au HAPE. Les autres vasodilatateurs pulmonaires ont des indications limitées. Aucun ne doit être considéré comme un médicament de randonnée courant, et aucun traitement ne remplace l’oxygène, la descente ou l’évacuation lorsqu’un HAPE est suspecté.
L’ibuprofène a montré un bénéfice préventif, mais s’est révélé inférieur à l’acétazolamide lors d’une comparaison randomisée récente (Lipman et al., 2024). Il présente aussi des risques gastro-intestinaux, rénaux, hémorragiques et cardiovasculaires. « Disponible sans ordonnance » ne signifie pas « adapté à chaque voyageur ».
Hydratation, sommeil, oxymétrie de pouls et idées reçues
Hydratez-vous normalement, sans vous forcer à boire
L’air sec, la respiration plus rapide et l’exercice peuvent augmenter les besoins en liquides. La déshydratation peut aussi imiter les maux de tête et la fatigue. Mais il n’a jamais été démontré qu’une surhydratation forcée prévenait le mal d’altitude, et elle peut provoquer une hyponatrémie dangereuse. Buvez en fonction de vos besoins normaux, interprétez les urines et la soif dans leur contexte, et accompagnez les liquides d’une alimentation et d’électrolytes suffisants pendant un effort prolongé.
Le guide sur l’hydratation et le vieillissement en bonne santé explique pourquoi le manque comme l’excès d’hydratation peuvent fausser les symptômes et les biomarqueurs. L’eau ne peut pas compenser une vitesse d’ascension dangereuse.
Un mauvais sommeil ne suffit pas à diagnostiquer un MAM
La respiration périodique et les réveils répétés deviennent fréquents au-dessus d’environ 2 700 m (9 000 ft). Le sommeil s’améliore souvent avec l’acclimatation. Les troubles du sommeil n’étant pas spécifiques au MAM, ils ont été retirés du score de Lake Louise. Les maux de tête associés au malaise et au déclin fonctionnel sont plus significatifs.
Évitez d’utiliser de l’alcool, des opioïdes ou d’autres dépresseurs respiratoires comme somnifères en altitude. Avant le voyage, discutez avec un professionnel de santé des médicaments pour le sommeil et des sédatifs que vous prenez déjà.
Un oxymètre de pouls apporte du contexte, pas un feu vert
La saturation en oxygène diminue normalement avec l’altitude, et les plages normales évoluent selon l’altitude et le temps écoulé depuis l’arrivée. Le froid aux doigts, les mouvements, les produits appliqués sur les ongles, une mauvaise circulation, les limites de l’appareil et la pigmentation cutanée peuvent affecter les mesures. Notre guide sur l’oxygène sanguin explique ces pièges de mesure.
Utilisez le même appareil sur une main chaude et immobile et observez les tendances, mais ne laissez pas un seul « bon » chiffre l’emporter sur une confusion, une ataxie, un essoufflement au repos ou une baisse rapide des performances. De même, une valeur basse sans symptôme mérite une nouvelle mesure attentive et une interprétation clinique plutôt qu’un mouvement de panique. En haute altitude, l’état fonctionnel et les signes d’alerte restent les principaux repères de décision.
Utilisez SuperAge comme journal de préparation, pas comme diagnostic du mal d’altitude
SuperAge peut vous aider à examiner le contexte de santé autour d’un voyage : sommeil récent, fréquence cardiaque au repos, VFC, tendances respiratoires, charge d’activité et récupération. Vous pouvez ainsi voir si vous êtes arrivé après un mauvais sommeil, une maladie ou une fatigue accumulée — des facteurs susceptibles de réduire votre marge de sécurité, même s’ils ne permettent pas de diagnostiquer un MAM.
Créez un journal de voyage simple comprenant l’altitude de couchage, les symptômes, l’effort perçu, les décisions d’itinéraire, l’hydratation et tout médicament approuvé par un professionnel de santé. Ne comparez les tendances qu’à altitude et conditions similaires. Un appareil portable ne peut pas exclure un MAM, un HACE ou un HAPE, et un algorithme ne doit jamais conseiller à une personne symptomatique de poursuivre son ascension.
Téléchargez SuperAge pour regrouper vos tendances de récupération et de santé dans une vue privée, tout en laissant les décisions liées à l’altitude se fonder sur les symptômes, l’itinéraire, votre groupe et les conseils médicaux.
L’échelle de décision en altitude
Suivez la ligne correspondant à la conduite la plus sûre. Ne compensez pas un signe grave par plusieurs signes rassurants.
| Ce que vous observez | Ce qu’il faut faire maintenant |
|---|---|
| Aucun symptôme, fonctionnement normal | Continuer uniquement dans la limite prévue pour l’altitude de couchage |
| Maux de tête légers ou nausées après l’ascension, coordination normale et respiration confortable au repos | Arrêter l’ascension, se reposer à la même altitude, réévaluer fréquemment |
| Les symptômes s’aggravent ou ne s’améliorent pas à la même altitude | Redescendre ; demander un avis médical |
| Maux de tête intenses, vomissements répétés, faiblesse marquée | Arrêter l’ascension et redescendre avec de l’aide ; rechercher un MAM sévère ou un HACE |
| Marche talon contre pointe instable, confusion, comportement inhabituel, somnolence | Traiter comme un HACE : descente d’urgence, secours, oxygène s’il est disponible |
| Chute rapide des performances, essoufflement disproportionné, toux, congestion thoracique | Suspecter un HAPE : arrêter l’effort, donner de l’oxygène, redescendre et appeler les secours en urgence |
| Essoufflement au repos, coloration bleue, expectorations mousseuses, incapacité à marcher | Urgence critique : évacuation assistée ; ne jamais laisser la personne seule |
Lorsque la descente est indiquée, la WMS précise que les symptômes s’améliorent souvent après une perte d’altitude de 300 à 1 000 m (1 000 à 3 300 ft), mais la dénivellation nécessaire varie. Descendez jusqu’à ce que la personne aille mieux et reçoive des soins adaptés. Une personne atteinte de HACE ne doit pas redescendre seule, et une personne atteinte de HAPE ne doit porter aucune charge.
Les caissons hyperbares portables et l’oxygène d’appoint peuvent sauver des vies lorsque la descente est retardée, mais ce sont des solutions transitoires, pas des raisons de rester en altitude. Les responsables du groupe doivent savoir qui peut autoriser une évacuation, comment contacter les secours, quel itinéraire permet de perdre de l’altitude en sécurité et quelles conditions météorologiques pourraient fermer cette voie.
Ces limites d’ascension concernent les humains et ne garantissent pas qu’un chien puisse suivre sans risque ; le guide de randonnée avec un chien détaille la préparation et les critères d’arrêt propres à votre compagnon.
Liste de contrôle avant un séjour en altitude
Avant de réserver :
- notez l’altitude de chaque étape nocturne, pas seulement celle des sommets ;
- calculez le gain quotidien d’altitude de couchage ;
- repérez les jours de repos et les solutions de repli à plus basse altitude ;
- vérifiez que l’itinéraire permet de redescendre par mauvais temps ;
- signalez à un professionnel de santé tout antécédent de mal d’altitude sévère et toute maladie pertinente ;
- convenez des règles d’arrêt et d’évacuation du groupe.
Avant de monter :
- partez si possible sans maladie aiguë ;
- évitez un entraînement maximal immédiatement après l’arrivée ;
- emportez assez de nourriture, de quoi vous hydrater normalement, une protection thermique ainsi que des moyens de communication et de navigation ;
- sachez quels médicaments ont été prescrits, à qui et pour quelle raison ;
- entraînez-vous à utiliser l’oxygène ou le caisson hyperbare si votre équipe en emporte ;
- prévoyez un contrôle des symptômes au petit-déjeuner, pendant le déplacement et avant toute nuit passée plus haut.
Pendant le voyage, associez chaque chiffre à une question : La personne peut-elle marcher de manière stable, penser clairement, manger et boire, respirer confortablement au repos et fournir un effort comparable à celui de ses compagnons ? Une réponse qui se dégrade est plus importante que l’horaire prévu pour atteindre le sommet.
Questions fréquentes
À partir de quelle altitude le mal d’altitude commence-t-il ?
Le risque devient significatif pour les voyageurs non acclimatés vers 2 500 m (8 200 ft), mais les personnes sensibles peuvent développer un MAM ou un HAPE autour de 2 000 m (6 600 ft). Tenez compte à la fois des symptômes, de l’altitude de couchage, de la vitesse d’ascension et des antécédents plutôt que de considérer une altitude unique comme une garantie.
Combien de temps faut-il pour s’acclimater à l’altitude ?
Les changements aigus les plus importants se produisent en trois à cinq jours environ, tandis que d’autres adaptations se poursuivent pendant des semaines. Chaque altitude de couchage supérieure crée une nouvelle exposition ; se sentir bien après plusieurs jours à une altitude donnée ne vous protège donc pas complètement après un grand déplacement vers le haut.
Puis-je monter plus haut pendant la journée et dormir plus bas ?
Souvent, oui. Une exposition diurne suivie d’un retour à une altitude de couchage inférieure peut favoriser l’acclimatation et entraîne moins de stress que de dormir au point culminant de la journée. Restez raisonnable pendant la journée, évitez l’épuisement et ne montez jamais plus haut pour « forcer l’acclimatation » si des symptômes sont déjà présents.
Une très bonne condition physique prévient-elle le mal d’altitude ?
Non. La condition physique améliore la capacité de mouvement, mais n’élimine pas la sensibilité au MAM, au HACE ou au HAPE. Les voyageurs entraînés ont eux aussi besoin d’une ascension prudente et peuvent être exposés si leur vitesse les incite à gagner davantage d’altitude.
Un mal de tête indique-t-il toujours un mal d’altitude ?
Non. La déshydratation, la migraine, une infection virale, le monoxyde de carbone, l’épuisement, l’hypoglycémie, l’hyponatrémie et d’autres problèmes peuvent produire des symptômes similaires. Des maux de tête associés à d’autres symptômes après une ascension font craindre un MAM. En altitude, privilégiez la sécurité tout en envisageant d’autres diagnostics.
Une valeur normale à l’oxymètre de pouls permet-elle d’exclure un MAM ?
Non. Le MAM est un syndrome clinique, et la saturation en oxygène peut se situer dans la plage attendue pour cette altitude. L’oxymétrie de pouls est plus utile pour suivre les tendances et détecter une hypoxémie disproportionnée par rapport à l’altitude, en particulier lorsqu’un HAPE est suspecté.
Quand puis-je recommencer à monter après un MAM léger ?
Seulement après la disparition complète des symptômes. Les recommandations de la WMS indiquent que la persistance de symptômes contre-indique toute poursuite ou reprise de l’ascension. Reprenez prudemment et réévaluez l’itinéraire, car le profil d’ascension initial a peut-être dépassé votre rythme d’acclimatation.
Quels symptômes imposent de redescendre immédiatement ?
Une perte de coordination, une confusion, un comportement altéré, une somnolence, un essoufflement au repos, une baisse rapide des performances, une toux qui s’aggrave, des lèvres ou une peau bleutées ou encore des expectorations mousseuses sont des signes d’urgence. Arrêtez l’effort, organisez la descente et les secours et utilisez de l’oxygène s’il est disponible. Ne laissez pas la personne partir seule.
À retenir
- Le mal d’altitude traduit une acclimatation insuffisante à une pression en oxygène plus basse, et non une faiblesse ou un manque de motivation.
- Planifiez selon l’altitude de couchage ; au-dessus de 3 000 m (9 800 ft), limitez le gain quotidien à environ 500 m (1 650 ft) au maximum et prévoyez des jours de repos réguliers.
- Ne poursuivez jamais l’ascension tant que les symptômes du MAM persistent.
- Une ataxie ou une confusion évoque un HACE ; un essoufflement au repos ou une chute rapide des performances évoque un HAPE.
- La descente est le traitement décisif du MAM sévère, du HACE et du HAPE ; l’oxygène complète les soins, mais ne doit pas retarder l’évacuation.
- L’acétazolamide peut réduire le risque chez certains voyageurs, mais le traitement exige un plan individuel et ne justifie jamais un itinéraire précipité.
- La condition physique, l’hydratation forcée, les compléments et une mesure isolée fournie par un appareil portable ne garantissent pas la sécurité.
Références
- Luks AM, Beidleman BA, Freer L, et al. Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention, Diagnosis, and Treatment of Acute Altitude Illness: 2024 Update. Wilderness & Environmental Medicine. 2024;35(1S):2S–19S.
- Hackett PH, Shlim DR. High-Altitude Travel and Altitude Illness. CDC Yellow Book 2026. Mise à jour 2025.
- Commission médicale de l’UIAA. Emergency Field Management of Acute Mountain Sickness, HAPE and HACE. Déclaration de consensus no 2. Mise à jour 2024.
- Roach RC, Hackett PH, Oelz O, et al. The 2018 Lake Louise Acute Mountain Sickness Score. High Altitude Medicine & Biology. 2018;19(1):4–6.
- Luks AM, Hackett PH. Medical Conditions and High-Altitude Travel. New England Journal of Medicine. 2022;386:364–373.
- Beidleman BA, Fulco CS, Staab JE, et al. Acute Mountain Sickness Is Reduced Following 2 Days of Staging During Subsequent Ascent to 4300 m. Medicine & Science in Sports & Exercise. 2019;51(2):329–338.
- Lipman GS, Kanaan NC, Phillips C, et al. Efficacy and Safety of Extended-Release Acetazolamide Capsules for the Prevention of Acute Mountain Sickness. Essai randomisé de phase III. 2025.
- Lipman GS, Phillips C, Saenz JS, et al. Ibuprofen Compared to Acetazolamide for the Prevention of Acute Mountain Sickness. Essai randomisé contrôlé par placebo. 2024.